Réseaux sociaux et stratégie internet : Un pensez-y-bien.

Fév 1st, 2010 | By | Category: Les affaires, Marketing web, Stratégie internet

On parle beaucoup de web social dans les milieux d’affaires. C’est rendu un must de la stratégie internet et ça me fait bien rire. Bien sûr que c’est une avenue intéressante, mais encore faut-il être prêt à faire ce qui vient avec le territoire. S’y lancer de manière décousue est probablement la meilleure manière d’échouer. Sans l’engagement et la persévérance requise, on est probablement mieux de s’abstenir. Ce qu’il faut en ce début de 2010 c’est de la lucidité, pas de la rapidité.

Le client comme ami

On ne peut parler de web social sans parler d’amis. Un ami dans le monde de l’internet est quelqu’un avec lequel on est connecté par le biais d’intérêts communs. Contrairement aux amis qu’on a dans la vraie vie, ce n’est pas la proximité physique ou géographique qui nous rapproche des gens sur le web, c’est plutôt la proximité des idées. On se rassemble autour d’intérêts communs, d’idéaux, de causes et autres pensées rassembleuses. Les distances n’ont plus d’importance sur l’internet.

Avoir des étrangers comme amis

On est porté à faire plus facilement confiance sur internet qu’en personne. Les indicateurs qu’on se sert pour évaluer le degré de confiance qu’on accorde à un interlocuteur web diffèrent de ceux qu’on utilise dans la vraie vie. Sur le web, on ne peut se fier qu’a ce qu’on peut voir au travers notre écran d’ordinateur. On évalue nos amis en fonction de qui nous a les a présenté, du professionnalisme de leurs présences web, du temps d’existence du site internet…et surtout de ce qui transpire du message qui nous est livré et la pertinence de ce qu’ils proposent.

Ce que ça implique pour les entreprises qui s’engagent dans le social

Vous devrez devenir un ami, quelqu’un en qui on peut avoir confiance. Avoir des amis implique toujours une forme d’engagement. C’est là que la dynamique change par rapport à ce qu’on fait en dehors du web. On ne peut pas traiter ses amis en consommateurs. Approcher nos amis avec la mentalité rétrograde du marketing de masse (push marketing) est une manière sûre de s’aliéner tous ceux qui tenteront d’échanger avec nous.

À considérer avant de se lancer

Avant de vous engager dans les réseaux sociaux, demandez-vous si vous êtes prêts à franchir les obstacles culturels nécessaires et a y mettre le temps. Il faudra être en mesure de remplir les attentes de nos nouveaux amis et surtout de gagner et conserver leur confiance. Il existe plusieurs vecteurs de confiance sur internet par lesquels on peut prouver notre valeur de citoyen du net.

  • La transparence

    Quand c’est blanc, c’est blanc….En 2004 quand Robert Scoble de Microsoft échangeait avec des internautes sur son blogue, il avouait ouvertement qu’Internet Explorer était mal foutu et que Firefox était un produit supérieur… C’était la vérité. À partir de cette position d’ouverture malgré le poste important qu’il occupait chez Microsoft, il nous montrait qu’il était un des nôtres, qu’il était lucide…quelqu’un en qui on pouvait avoir confiance. Sans cette transparence, on ne parlerait pas de Robert Scoble comme vecteur de confiance (Trust agent) aujourd’hui…En fait, son blogue serait mort dans l’œuf…

  • La compétence

    Cette compétence dépasse largement le cadre commercial. En fait, demandez-vous si vous seriez prêt à recommander un produit vendu par un compétiteur pour les circonstances ou il serait une meilleure solution que celle que vous proposez? C’est la différence entre un vendeur attaché a une marque et un ami qui a notre bien-être à cœur. On vous classera vite comme un vulgaire vendeur si vous agissez comme tél…En cas de doute, voir le point sur la transparence…

  • La constance

    On associe beaucoup fiabilité a constance sur internet. Pour être constant, il faut être engagé, intéressé et motivé (surtout rester motivé…). Il faut avoir envie de se brancher tous les jours. De répondre aux mêmes questions à répétition et de lire et de se maintenir à jour dans notre domaine d’expertise. Il n’y a rien de plus décevant que d’interagir avec un ami et ne pas avoir de retour dans un délai raisonnable…quand on a beaucoup d’amis il faut rester vigilant en permanence.

  • Rester humain

    C’est probablement le plus difficile à faire à grande échelle. Si vous trouver la manière de converser d’humain à humain avec vos interlocuteurs, c’est gagné. Il faut surtout résistez la tentation de publier massivement des annonces sans contenu personnel. Adressez-vous plutôt à l’individu. Personnalisez vos interventions, restez humain dans vos rapports…

C’est donc bien compliqué

Prendre le virage social avec nos clients n’est pas difficile, juste nouveau. Il faut adapter nos façons de faire à cette nouvelle réalité. Ce qui est important c’est de savoir d’avance dans quoi on s’embarque et de ne pas s’engage sans planifier. Les deux commentaires les plus fréquents:

  • Ça prend beaucoup de mon temps
  • C’est long construire un réseau social

Il faudra effectivement y consacrer beaucoup de temps et être patient. C’est la nature de la bête. En fait, ce n’est pas bien différent de la vraie vie. Le lien de confiance s’établit avec le temps. Puis, comme dans toute amitié, on en retire des bénéfices a la mesure de ce qu’on y investit.

Alors, pas de panique. Prenons le temps de comprendre les enjeux. Le social peut être une avenue intéressante pour vos affaires, mais pas n’importe comment.


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